Pseudonomas, Cryptosporidium, Legionella… Quels sont les germes à craindre dans les piscines et les spas ?

Au milieu de l’été, et de surcroît durant les vagues caniculaires, les piscines et spas publics sont pris d’assaut un peu partout dans l’hémisphère Nord. Cette sur-fréquentation apporte son lot de microbes en tous genres, envers lesquels les traitements chlorés ne sont pas toujours pleinement efficaces. En général bénignes, les infections provoquées par ces pathogènes peuvent parfois engendrer de sérieuses épidémies. Quels sont donc les microorganismes que nous inhalons, ou que nous ingérons lorsque que l’on boit la tasse, et quel est leur degré de dangerosité ?

By teamblog

Jan 2, 2020

Les principales maladies contractées dans les piscines et spas sont provoquées par une dizaine d’organismes pathogènes dont Cryptosporidium, Pseudomonas, Shigella, Legionella, Norovirus et Escherichia coli.

Plusieurs microorganismes sont responsables de maladies gastro-intestinales dans les piscines

L’omniprésence de Cryptosporidium dans les piscines s’explique par la forte résistance au chlore que lui confère sa coque protectrice.

Ce parasite peut ainsi survivre pendant 7 jours dans une eau de piscine traitée au chlore (1 ppm de chlore minimum, conformément aux directives sanitaires nationales aux États-Unis et en France). Il peut également provoquer des diarrhées et tous les symptômes qui y sont généralement associés (maux de tête, déshydratation…).

Le Norovirus et la bactérie Shigella induisent des gastro-entérites aigües.

Certaines souches virulentes de E. coli sont également responsables de la survenue de gastro-entérites, mais aussi d’infections urinaires, méningites, ou sepsis.

 

Pseudomonas aeruginosa et Legionella pneumophila se retrouvent fréquemment dans l’eau chaude

Parmi les autres infections, Pseudomonas aeruginosa est généralement peu dangereuse sauf chez les patients immunodéprimés. Dans ce cas, elle peut provoquer diverses infections urinaires, cutanées, pulmonaires, ophtalmologiques…

La légionelle, en particulier Legionella pneumophila est responsable de troubles comme la fièvre de Pontiac. Mais elle peut aussi entraîner une pneumopathie mortelle. Elle touche en particulier les patients immunodéprimés, les personnes âgées et les jeunes enfants.

Ainsi, selon une étude américaine [1] basée sur 493 piscines, entre 2000 et 2014, 6 des 8 décès recensés sur les 27 219 cas d’infections survenues dans les piscines ont été imputables la légionelle.

 

Quelles sont les précautions individuelles permettant de limiter le risque d’infection ?

Un certain nombre de recommandations peuvent être appliquées au niveau individuel pour éviter le risque par exemple :

  • Ne pas avaler l’eau de la piscine.
  • Ne pas aller à la piscine en cas de diarrhée.
  • Vérifier soi-même la concentration de chlore à l’aide de bandelettes test.
  • Éviter les piscines sur fréquentées.

En outre les responsables de piscines publiques doivent s’assurer que les niveaux des produits de traitement (chlore, brome…) soient toujours au-dessus d’un certain seuil.

Ils doivent réaliser des tests plusieurs fois par jour pour déceler toute concentration inhabituelle de microorganismes pathogènes.

En plus des germes mentionnés précédemment, les staphylocoques, mycobactéries et amibes pathogènes doivent être recherchés dans l’eau.

Les traitements en continu ne suffisent pas à éradiquer tous les germes des piscines. Cependant, la sensibilisation aux bonnes pratiques a permis de stopper la progression des infections causées par Cryptosporidium.

 

Risque accru de légionelle dans les bains à remous et spas, en particulier dans les hôtels

L’agitation constante et la température élevée des bains à remous permet la survie des bactéries. Elle peut également entraîner l’évaporation d’une certaine quantité de désinfectant.

Qui plus est, au plus les bains sont fréquentés, au plus l’apport en matière organique comme la sueur, les peaux mortes ou encore l’urine, dépasse la capacité de neutralisation par les traitements.

Les bulles génèrent des aérosols et si l’eau est infectée par une grande quantité de légionelles, la contamination par inhalation devient alors possible.

De nombreux hôtels possèdent des piscines et des bains à remous et sont caractérisés par de forts pics de fréquentation, surtout en période estivale.

Ainsi, une étude européenne de 2018 réalisée sur 1 079 cas de légionellose survenus dans les spas a démontré que 10 foyers épidémiques sur 22 avaient pour origine un établissement hôtelier.

 

Spécificités de la réglementation en termes de surveillance de la légionelle

Outre l’eau du bassin, les points de risque majeurs en termes de prolifération des légionelles dans les piscines sont situés au niveau des douches et des bains à remous.

Les gestionnaires des installations ont un grand rôle de prévention à cet égard. Ils doivent veiller à ce que la concentration en légionelles dans les réseaux d’eau chaude sanitaire ne dépasse pas 1 000 UFC/L en tous points du réseau.

De plus, il est nécessaire de réaliser des relevés d’eau réguliers et de s’assurer que l’eau chaude dépasse les 50°C dans le réseau d’eau chaude afin d’empêcher la prolifération de la légionelle.

 

Des conséquences graves pour les établissements en cas de contrôle positif

La loi prévoit des pénalités en cas de négligence dans la gestion du risque et l’établissement peut être fermé en cas de contrôle positif.

À l’instar de l’agglomération de Cergy-Pontoise qui, rien qu’en mai 2019, a pris la décision de fermer les piscines de la Ravinière à Osny et des Louvrais à Pontoise.

En ce début juillet, c’était au tour de la piscine de Saint-Cyr sur Loire de devoir interrompre son accès.

La piscine des Closeaux à Rueil-Malmaison est quant à elle visée par une plainte pour avoir dissimulé des résultats dépassant les seuils réglementaires et être restée ouverte en 2018.

 

La résistance de la légionelle implique la nécessité d’un suivi régulier par le biais de tests d’autocontrôle

La légionelle est aujourd’hui le germe le plus préoccupant dans les piscines et les spas et il est difficile d’en venir définitivement à bout.

Une étude européenne de 2019 basée sur 357 établissements hôteliers ayant mis en place des mesures correctives suite à un contrôle positif montre que 25 % d’entre eux ont connu au moins un nouveau cas de légionellose dans les deux années suivantes.

42 % de ces cas de résurgence concernaient l’Italie, 17 % l’Espagne, 14 % la France et 7,6 % la Grèce.

Le respect des obligations réglementaires n’est pas suffisant pour endiguer le risque de contamination par la légionelle.

Heureusement, des avancées en termes de contrôles préventifs existent.

Les kits de détection utilisables par tout gestionnaire d’installations permettent une réactivité optimale pour adapter le traitement à la concentration réelle de légionelles dans les réseaux d’eau.

Ils offrent aussi la possibilité de réaliser un suivi sur plusieurs années de l’évolution de la bactérie dans les réseaux, afin de pouvoir agir dès les premiers signes de colonisation des réseaux.

 

Sources :

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