Pourquoi la maladie du légionnaire s’appelle-t-elle ainsi?

By teamblog

Déc 11, 2019

Un congrès de l’American Legion gravé dans les mémoires

L'hotel Bellevue Strattford ou la première épidémie de maladie du légionnaire à eu lieue

Le Bellevue Stratford Hotel Philadelphia, ©Kardmaster

C’est en juillet 1976, aux Etats-Unis, que la maladie du légionnaire aussi connue sous le nom de légionellose est identifiée précisément pour la première fois. Cette année-là, le 58ème Congrès de l’American Legion est organisé à Philadelphie. Les célébrations se déroulent à l’hôtel Bellevue-Stratford, un établissement prestigieux du centre-ville, et vont durer trois jours. Près de 2000 anciens combattants de guerre sont alors présents.
L’événement se veut aussi l’occasion de célébrer le bicentenaire de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis, une date historique. Mais ce n’est pas dans ce sens que l’Histoire retiendra les faits.

En effet, une semaine après la fin des festivités, plusieurs vétérans commencent à présenter des symptômes plus ou moins alarmants de pneumopathie : migraines, forte fièvre, troubles digestifs, difficultés et douleurs respiratoires, délire, coma. Sur les 2000 légionnaires présents, 182 seront contaminés : 147 seront hospitalisés et 29 décéderont.

 

La plus grande enquête médicale des Etat-Unis

histoire du nom de la maladie du legionnaire, tracing the philly killer couverture du magazine TIme

Time Magazine, Août 1976

S’ensuit alors la plus grande enquête médicale des États-Unis du XXème siècle. Largement médiatisée, la traque fait la une des magazines comme le Time qui évoque le « Philly Killer » (tueur de Philly pour Philadelphie). Bioterrorisme ? KGB ? Acte criminel ou microorganisme ? Aucune piste n’est écartée.

Ce n’est qu’à compter de janvier 1977, soit six mois après les faits, que les scientifiques du Center of Disease Control and Prevention parviennent à isoler la bactérie pathogène responsable. Ils la nomment alors Legionella pneumophila en hommage aux vétérans et la maladie deviendra mondialement connue comme la maladie du légionnaire.

Les scientifiques à l'origine de la découverte de la bactérie legionella pneumophila

Les scientifiques du CDC George Gorman (g) et Jim Feeley (d), examinant les boîtes de culture du Bellevue-Stratford Hotel.

©CDC/ Stafford Smith (Public domain)

La Legionella pneumophila est donc une souche de bactérie particulièrement virulente de la famille des Legionella. Elles prolifèrent dans les réseaux d’eau et les tours aéroréfrigérantes des climatisations constituent un terrain propice à leur développement. C’est précisément via le système de climatisation du Bellevue-Stratford Hotel que la contamination s’est propagée.

En définitive, ce dernier a fermé dans les mois qui suivent. Une réglementation sanitaire concernant l’entretien des réseaux d’eau et des tours aéroréfrigérantes s’est finalement rapidement imposée. Rétrospectivement, plusieurs épidémies mystérieuses ont été identifiées comme des cas de la maladie du légionnaire ou de fièvre de Pontiac, une forme bénigne de la maladie.

 

Legionella : une bactérie qui sévit toujours

Aujourd’hui, les cas de légionellose sont en recrudescence. Ils augmentent de 5% en moyenne chaque année. Il n’existe pas de vaccin ou de traitement préventif contre la maladie et le meilleur moyen de se prémunir de l’infection et d’éviter la prolifération des bactéries reste le bon entretien des installations d’eau.

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